"Je ne tape plus, sois déjà contente" Je connais mon mari depuis 7 ans. Il m’a déjà tapé, secoué, intimidé, fait peur, insulté… Les choses vont "mieux" mais il reste un homme violent. La violence a changé de forme mais elle surgit encore, à la vitesse de l’éclair, dans son regard de fou, son visage déformé par la colère qui se rapproche de moi pour m’intimider, crier ou m’insulter. Mardi soir, j’ai fait deux remarques qui en d’autres circonstances auraient été "normales " dans cette discussion entre parents. Il a bondi. J’ai reculé et lui ai demandé de se calmer. Il a crié et m’a fait peur. Mon fils de 3 ans et demi était blanc de peur et s’est interposé entre son père et moi en pleurant, son petit poing levé, pour dire "tu ne peux pas parler comme ça à maman". Ma fille de 6 ans était impassible. Car elle est habituée. Le poing levé du petit (la première fois que je vois mon doux petit bonhomme faire cela !), le regard vide de ma grande. Les dégâts que cette violence régulière occasionne sur mes enfants seront peut-être source de motivation pour partir. Ce qui est difficile, c’est qu’entre ses excès, mon mari est un homme plein de qualités. Mais je pense que sa violence fait partie de lui. Nous avons reparlé de la soirée de mardi. Il m’a dit que je l’avais provoqué en lui faisant une remarque (mettre un peu moins de viande dans l’assiette de notre fils), que j’avais vu qu’il était énervé et que j’aurais dû me taire. Que sa violence ne se manifestait plus par des gestes et qu’il avait fait des grands progrès. Que je devrais m’en réjouir. Qu’on pouvait quand même encore s’énerver. Que je demande le luxe. La planète bisounours. Je l’aime encore, je crois. Et je continue de penser que les moments de bonheur que nous vivons malgré tout à 4 valent la peine de continuer à aller de l’avant. Mais mardi soir mon mari m’a fait peur, en avançant vers moi comme un fou, m’ordonnant de revenir dans la cuisine pour ensuite balancer violemment la nourriture dans l’assiette des enfants. J’ai eu peur et comme d’habitude je n’ai pas dormi, seule, réfugiée dans le lit d’ami du grenier, comme à chaque fois. Mon fils a eu peur. Ma fille n’exprime plus. Et mon mari me dit que je demande le luxe. Vivre sans avoir peur de son conjoint, vouloir une relation saine et équilibrée sans craindre le lendemain, ce n’est pas le luxe. Ce soir comme beaucoup d’autres, je me souhaite, et je vous souhaite, d’avoir un jour assez d’estime de soi que pour oser espérer mieux que cela. retour page précédente
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